• Animer un verger intercommunal, c’est développer le territoire

    Le métier d’agent de développement ( ou de développeur territorial ) mobilise des compétences qui ne sont pas que techniques, loin de là ! Exemple avec Sébastien en poste dans une Communauté de communes lorraine, rencontré lors d’une rencontre “métiers” organisée par l’Unadel.

    «  Nul besoin d’un gros budget et de grosses procédures pour qu’un projet réussisse et crée du lien entre les gens. Pour animer le verger, j’ai une enveloppe de 3000 euros par an. » Et pourtant avec cette petite enveloppe et beaucoup d’énergie, d’implication personnelle et de sens de conviction, Sébastien a réussi en quelques années le pari de faire revivre le verger conservatoire intercommunal, un peu à l’abandon après une série de plantations, faute de moyens d’animation. « Pour mobiliser les gens du coin, Il faut penser à des projets simples, qu’ils comprennent, et dans lesquels ils peuvent s’impliquer ».

    Motivé, ressourcé

    « Le projet du verger me permet de m’évader, de me distraire de tâches plus administratives ou plus lourdes de mon poste ». En répondant à la demande de Sébastien, d’intégrer dans sa fiche de poste l’animation du verger aux côtés de nombreuses autres missions, le président de la CC a permis de lui offrir un espace de travail avec une liberté qui le ressource, selon ses propres propos.

    Ne pas consommer des bénévoles

    « Tout seul on ne peut pas faire grand chose, mais pour que les bénévoles acceptent de donner de leur temps (LPO, Croqueurs de pommes, …) je dois être à leur écoute, et me mettre à leur disposition – et non le contraire-. Ainsi savent- ils que, lorsqu’il le faut, je suis à leurs côtés pour bosser un samedi. C’est une manière de les apprivoiser, et de les reconnaître, de ne pas être dans “la consommation de bénévoles”. Il faut que la collectivité sache écouter et n’impose pas ses volontés. « Mon travail de technicien est d’assurer le lien ».

     Reconnaissance et portage politique

    « Une fois par an, nous organisons une journée taille. Des centaines de personnes se déplacent, la presse est présente. Les élus mesurent à ce moment l’intérêt de ce petit projet et son impact pour les gens du coin et pour l’image de la CC ». Une reconnaissance que Sébastien apprécie, mais qu’il aimerait voir concrétisé par un soutien politique plus fort, par un élu référent par exemple.

     Une collectivité qui s’ouvre sur l’extérieur.

    Dans de tels projets, il est important que chacun y trouve sa juste place : l’élu parce qu’on agit pour le territoire et qu’on en parle, le technicien parce qu’il fait quelque choses qui l’intéresse, le bénévole, car on lui donne les conditions de réaliser quelque chose qui lui plait.

    « La collectivité, conclut Sébastien, doit savoir s’ouvrir sur les associations locales, les écoles, .. » le travail d’intermédiation est d’accompagner cette ouverture.
    Plus d’information sur le chantier métier de l’Unadel et rendez vous au congrès des développeurs les 25 et 26 juin prochain à Rennes.